Que garantit un certificat 3.1, et en quoi le 3.2 diffère-t-il ?
Le certificat 3.1 donne les résultats d’essais du lot réellement livré, et non des valeurs typiques de fabrication. La norme EN 10204 distingue ainsi les types 2.1 et 2.2, fondés sur des contrôles non spécifiques, des types 3.1 et 3.2, qui portent sur le produit expédié.
Sur un 3.1, le fabricant valide les résultats par un représentant d’inspection indépendant du service de production. Le 3.2 ajoute une seconde validation : celle d’un représentant mandaté par le client, d’un organisme tiers ou d’un inspecteur désigné par la réglementation. On ne le demande que si le donneur d’ordres l’exige, et il se prévoit dès la commande matière.
Le piège classique concerne la matière achetée chez un distributeur. Le stockiste coupe la barre et renvoie un document : pour que la traçabilité tienne, il doit transmettre le certificat d’origine de l’aciérie, ou un document qui en reprend fidèlement les données et le numéro de coulée. Ce que le client accepte exactement se vérifie dans sa commande. Une attestation du distributeur sans lien vérifiable avec la coulée ne remplace pas un 3.1.
Pourquoi le numéro de coulée doit suivre la barre jusqu’à la pièce
Le numéro de coulée identifie la fusion d’origine de la matière. Plus que le numéro de certificat ou la référence du distributeur, il permet de remonter à la composition chimique et aux caractéristiques mécaniques mesurées. Il doit correspondre partout : marquage sur la barre, étiquette de colisage, certificat et enregistrements de l’atelier.
Le maillon faible se trouve en général après la première coupe. La barre porte son marquage à une extrémité ; une fois débitée, la chute qui retourne au rack n’en porte plus si personne ne le reporte au marqueur. Six mois plus tard, la même nuance en même diamètre traîne sur deux étagères, et plus rien ne dit laquelle vient de quelle coulée. La règle à tenir est simple : chaque chute garde son numéro de coulée, et chaque OF enregistre le numéro de la matière consommée, pas seulement la nuance.
Même logique pour les pièces d’un même OF usinées dans deux barres de coulées différentes. Le dossier cite alors les deux coulées, et indique quelles pièces viennent de laquelle si le client sérialise.
Ce que contient le dossier remis au client
Le dossier de traçabilité rassemble les preuves que la pièce livrée correspond à la commande. Son contenu varie selon les exigences de vos donneurs d’ordres, mais on y retrouve presque toujours les mêmes pièces.
| Document | Émis par | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|
| Certificat matière 3.1 ou 3.2 | Aciérie ou distributeur | Nuance, dimension, numéro de coulée, type de certificat demandé |
| PV de traitement thermique | Traiteur | Traitement réalisé, dureté mesurée, référence de l’OF ou du bon d’envoi |
| PV de traitement de surface | Traiteur | Type de traitement, épaisseur ou classe, lot traité |
| Rapport de contrôle dimensionnel | Atelier | Cotes relevées, indice du plan, quantité contrôlée |
| Rapport de premier article (FAI) | Atelier | Établi selon EN 9102 lorsque le client l’exige |
| Certificat de conformité | Atelier, signé par la qualité | Commande client, référence, indice, quantité, coulées, PV associés |
Sous ISO 9001, l’atelier fixe largement le niveau de détail. En aéronautique, spatial et défense (EN 9100) comme en automobile (IATF 16949), les clauses du client sont en général bien plus précises, et la certification de l’atelier dépend de son propre audit. Dans le premier cas, la FAI suit la méthode de l’EN 9102 (édition 2024), complétée par les exigences du client.
Le certificat de conformité est le seul document que l’atelier signe en son nom : on ne le signe pas sur la foi d’un dossier incomplet.
Comment automatiser le classement des certificats reçus par e-mail
Les certificats arrivent en pièce jointe, parfois des jours après la matière, parfois noyés dans un PDF qui couvre plusieurs lignes de commande. Le circuit automatisé reprend la réception étape par étape :
- Une boîte dédiée (ou une règle sur la boîte des achats) récupère les pièces jointes des fournisseurs matière et des traiteurs.
- Un modèle d’IA lit le document et en extrait le fournisseur, la nuance, la dimension, le numéro de coulée, le type de certificat selon EN 10204 et le numéro de commande cité.
- Le document est rapproché de la commande matière ouverte correspondante, puis rattaché au lot de réception et aux OF concernés.
- Des règles fixes contrôlent la cohérence entre ce qui a été commandé et ce qui est certifié.
- Le responsable qualité reçoit une fiche par réception : certificat affiché, données extraites, écarts signalés. Il accepte, refuse ou met en attente.
- Le document est renommé et classé selon votre arborescence, et lié à l’article ou au lot dans votre ERP si le logiciel le permet.
Votre GPAO (Clipper, Sylob, Silog, Divalto, Herakles ou autre) sait souvent suivre des lots ou des matières ; Clipper et Herakles, par exemple, mettent en avant la traçabilité matière, à vérifier selon votre version et vos modules. L’automatisation alimente ces fonctions au lieu de les remplacer, à condition que les accès du logiciel (API, import) le permettent. Sinon, le registre des coulées vit à côté et la saisie se réduit à une validation. Le principe du tri est détaillé dans l’article sur le traitement automatique des e-mails par l’IA.
Les contrôles de cohérence qui évitent les mauvaises surprises
Les écarts qui comptent sont souvent banals, et une règle écrite les repère mieux qu’un humain pressé. Première règle : la nuance. Le 316L s’écrit aussi 1.4404 ou X2CrNiMo17-12-2, et un 7075 sans son état métallurgique (T6, T651, T7351) ne dit pas grand-chose. Le contrôle doit connaître ces équivalences, et signaler un état différent de celui commandé plutôt que de le juger « proche ».
Ensuite, le type de document. Un 2.2 reçu à la place d’un 3.1 commandé est un écart, même si les valeurs sont bonnes. Le numéro de coulée du certificat doit aussi correspondre à celui relevé sur l’étiquette à la réception : le cariste ou le magasinier le saisit (ou le photographie), et le système compare. Même vigilance sur la dimension, surtout avec les certificats qui couvrent plusieurs postes de commande.
Enfin, les valeurs elles-mêmes, quand la commande ou le plan imposent des limites : dureté, résistance à la traction, teneur d’un élément. L’IA peut mal lire un chiffre sur un scan de mauvaise qualité. Aucune valeur n’est donc considérée comme conforme sans que l’écart éventuel soit montré avec le document source.
L’acceptation, elle, reste au responsable qualité.
Monter le dossier d’expédition sans tout reconstituer
Quand chaque réception a été rattachée au fil de l’eau, le dossier d’expédition devient une requête : pour cet OF, quelles coulées, quels PV, quel rapport de contrôle. Le système assemble les pièces dans l’ordre attendu, préremplit le certificat de conformité avec la commande, l’indice et les coulées, et signale ce qui manque (le PV d’anodisation pas encore reçu, par exemple).
Le responsable qualité relit puis signe le certificat de conformité. Si un document manque, l’expédition attend ou part avec l’accord écrit du client, selon ce que prévoit son cahier des charges. Les factures des traiteurs rattachées au même OF servent ensuite à mesurer la rentabilité de l’atelier d’usinage, pièce par pièce.
Quel budget prévoir
Le classement automatique des certificats avec extraction et contrôle de cohérence relève d’un circuit automatisé, entre 2 500 et 5 000 € HT. Si le projet inclut l’échange avec l’ERP (lorsque celui-ci le permet), les PV des traiteurs et l’assemblage du dossier d’expédition, il se situe plutôt entre 5 000 et 9 000 € HT. La maintenance démarre à 150 € HT par mois. Le détail de ces fourchettes figure sur la page tarifs. Côté données, nous privilégions un hébergement européen et des offres d’IA professionnelles, à vérifier pour chaque service retenu.
Les autres tâches qu’on peut alléger dans un atelier sont présentées sur la page automatisation pour atelier d’usinage.
Partir de vos dernières expéditions difficiles
Reprenez les trois derniers dossiers qui ont bloqué une expédition et notez, pour chacun, le document qui manquait et l’endroit où il a fini par être retrouvé. Ajoutez une vingtaine de certificats reçus récemment, y compris les scans illisibles et les certificats de distributeur. Ce matériel suffit pour mesurer ce que la lecture automatique extrait correctement et quelles règles écrire. Depuis Clermont-Ferrand, nous faisons ce travail avec votre responsable qualité : parlons de votre projet.